Le président des États-Unis, Donald Trump, a signé le 16 décembre une Proclamation présidentielle instaurant de nouvelles restrictions majeures à l’entrée de ressortissants étrangers sur le sol américain. Ces mesures, justifiées par des impératifs de sécurité nationale, entreront en vigueur le 1er janvier 2026.
Le Sénégal figure parmi les pays concernés par une suspension partielle de visas, marquant un net durcissement de la politique migratoire américaine à l’égard de Dakar. Cette décision repose sur une évaluation globale menée par les autorités américaines en matière de coopération sécuritaire.
Selon Washington, le Sénégal présenterait, comme d’autres États visés, des insuffisances dans la gestion de l’état civil et la sécurisation des documents d’identité. Les autorités américaines pointent également des difficultés persistantes liées à la vérification des antécédents judiciaires, ainsi que des taux de dépassement de séjour jugés préoccupants par le Département de la Sécurité intérieure (DHS). Sur cette base, l’administration américaine a opté pour une approche préventive, en restreignant l’octroi de visas, même en l’absence de menaces individuelles identifiées.
À partir du 1er janvier 2026, l’accès au territoire américain sera fortement limité pour les citoyens sénégalais. La Proclamation suspend l’entrée des personnes souhaitant immigrer de manière permanente, mais aussi de plusieurs catégories de visas non-immigrants parmi les plus demandées.
Sont directement concernés les visas de tourisme et d’affaires (B1/B2), les visas d’études (F et M) ainsi que les visas d’échanges (J). Pour les autres catégories encore accessibles, les documents délivrés auront une durée de validité réduite et feront l’objet de contrôles de sécurité renforcés, augmentant sensiblement le risque de refus.
Le regroupement familial constitue l’un des aspects les plus sensibles de cette décision. La Proclamation précise que les visas familiaux ne seront plus automatiquement exemptés, les autorités américaines estimant que ce canal a pu, par le passé, être exploité à des fins frauduleuses. Cette mesure représente un coup dur pour de nombreuses familles sénégalaises séparées, dont les procédures pourraient être gelées pour une durée indéterminée.
La suspension des visas étudiants et d’échanges affecte également la mobilité académique et les opportunités de formation à l’international pour de nombreux jeunes Sénégalais, jusque-là bénéficiaires de programmes universitaires ou d’échanges aux États-Unis.
Des exceptions restent toutefois prévues, mais elles demeurent limitées et soumises à l’appréciation discrétionnaire des autorités américaines. Les résidents permanents déjà installés aux États-Unis, les binationaux voyageant avec un passeport d’un pays non concerné par les restrictions, ainsi que les diplomates ne sont pas visés par ces mesures. Des dérogations spécifiques pourraient également être accordées à des athlètes participant à des compétitions internationales majeures ou pour des motifs relevant de l’« intérêt national américain ».

