Un collectif de neuf avocats a saisi la justice française pour réclamer l’ouverture d’une enquête déontologique visant leur confrère et ancien président de la République, Nicolas Sarkozy. Ils estiment que ses condamnations pénales définitives sont incompatibles avec les principes fondamentaux de la profession d’avocat.
Au cœur de leur démarche, une question centrale : un avocat définitivement condamné par la justice peut-il continuer à porter la robe ? Pour ces avocats, la réponse est clairement négative. Nicolas Sarkozy a en effet été condamné à un an de prison ferme pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire dite des écoutes de l’Élysée, ainsi qu’à un an d’emprisonnement dont six mois ferme dans l’affaire Bygmalion liée au financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012.
« La probité fait partie intégrante de notre fonction », a déclaré Me Jérôme Karsenti, membre du collectif, estimant que Nicolas Sarkozy ne peut plus incarner la profession. Me Jérôme Giusti a, de son côté, dénoncé une situation « affligeante », soulignant qu’une condamnation pénale constitue déjà un manquement déontologique, a fortiori lorsqu’elle est répétée.
La demande a été transmise à la procureure générale de Paris, qui peut saisir le Conseil de discipline de l’Ordre des avocats. Les sanctions possibles vont du simple avertissement à la radiation, même si aucune disposition ne prévoit une exclusion automatique en cas de condamnation pénale.
Inscrit au barreau de Paris depuis 1981, Nicolas Sarkozy exerce comme avocat d’affaires et est membre du cabinet Realyze depuis plusieurs décennies. Il sera par ailleurs jugé en appel dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, après une condamnation en première instance à cinq ans de prison.
Cette nouvelle initiative relance le débat sur l’exemplarité et les exigences éthiques imposées aux membres du barreau français.

