Cheikh Oumar Diagne jugé pour ses propos sur Sonko : le verdict est tombé

La rédaction

Mercredi 11 mars, tribunal des flagrants délits de Dakar. Cheikh Oumar Diagne, leader du Rassemblement pour la vérité, se retrouve devant le juge. Chef d’accusation : diffusion de fausses nouvelles. Verdict : coupable. Sanction : 500 000 FCFA d’amende ferme.

Des mots lâchés sur un plateau télé

Tout part d’une émission sur SenTV. Le sujet : la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba lors des manifestations à l’UCAD. Cheikh Oumar Diagne, enseignant-chercheur et figure politique, balance une phrase qui va lui coûter cher : « Le Premier ministre Ousmane Sonko a donné l’ordre de tuer l’étudiant ».

Les mots sont sortis. Les captures d’écran ont circulé. La machine judiciaire s’est mise en branle.

Sa défense : « J’ai parlé de responsabilité indirecte »

À la barre, Cheikh Oumar Diagne pédale pour recadrer ses propos. Il explique qu’il participait à l’émission comme acteur politique commentant l’actualité. Ses déclarations faisaient référence, selon lui, à une intervention de Sonko à l’Assemblée nationale où le Premier ministre avait reconnu avoir ordonné aux forces de défense d’entrer dans l’université.

« J’ai voulu dire qu’il a donné indirectement l’ordre qui a conduit à la mort de l’étudiant », précise-t-il. Pour lui, l’étudiant est décédé suite à l’intervention des forces sur le campus. « Je suis très respectueux des institutions. Je ne pense pas que mes propos jettent le discrédit sur elles », ajoute-t-il.

Il insiste : il voulait simplement pointer la responsabilité morale et politique de celui qui a donné l’ordre d’intervention. « Le Premier ministre a assumé avoir donné cet ordre. J’ai voulu dire que nous savons désormais qui l’a donné », rappelant qu’il y a trois ans, plusieurs responsables affirmaient que les événements à l’UCAD se déroulaient « dans le dos du président Macky Sall ».

Le procureur ne tergiverse pas

Pour le ministère public, pas de place au doute. Les faits de diffusion de fausses nouvelles sont établis. Le procureur requiert six mois d’emprisonnement avec sursis et 500 000 FCFA d’amende.

La défense joue la carte du droit

Mes Sayba Danfakha et Hosni Maati du barreau de Paris plaident la relaxe. Me Danfakha s’appuie sur l’article 255 du Code pénal : les propos incriminés ne constituent pas une « nouvelle » au sens de la loi. Le procureur n’a pas démontré que les déclarations relevaient d’une fausse information, argumente-t-il. Me Maati affirme que les propos ont été tronqués et verse une jurisprudence au dossier.

Le tribunal tranche

Après délibération, le couperet tombe. Cheikh Oumar Diagne est déclaré coupable de diffusion de fausses nouvelles. Sanction : 500 000 FCFA d’amende ferme. Pas de prison, mais une condamnation qui marque.

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