Janvier 2025, Tabaski Ngom franchit les portes de la Maison d’arrêt des femmes de Liberté 6. Inspectrice du Trésor, elle est écrouée sous mandat de dépôt le 23 janvier. Accusée d’association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux, détournement de deniers publics, accès frauduleux à un système informatique et entrave à son fonctionnement.
Un an plus tard, elle n’est plus derrière les barreaux de Liberté 6. Depuis deux semaines, elle occupe un lit au Centre hospitalier universitaire de Fann, service psychiatrique, clinique Moussa Diop.
Des crises qui forcent le transfert
Selon nos informations, ce sont les services médicaux de l’administration pénitentiaire qui ont décidé du transfert. Motif : des crises répétées qui ne pouvaient plus être gérées en milieu carcéral.
L’accusatrice devenue accusée
Le paradoxe de cette affaire, c’est que Tabaski Ngom avait elle-même tiré la première. Elle avait déposé plainte à la Division des investigations criminelles contre le député-maire de Louga, Moustapha Diop.
Ancienne agent comptable particulière de la Commission de régulation du secteur de l’énergie (CRSE), elle affirmait avoir été manipulée par le député. Son récit : elle l’aurait financé durant la campagne des législatives, avant de se retrouver piégée dans un mécanisme qui a fini par l’envoyer en prison.
Moustapha Diop inculpé, mais conteste
Suite aux accusations de Tabaski Ngom, Moustapha Diop s’est retrouvé dans le box des accusés. Les chefs retenus : association de malfaiteurs, escroquerie portant sur 300 millions de FCFA, blanchiment de capitaux.
L’intéressé rejette en bloc les allégations. Il a été entendu au fond le 26 février 2026.
Aujourd’hui, celle qui l’accusait se bat contre d’autres démons, loin des prétoires, dans un service psychiatrique.













