Depuis que l’affaire de la dette cachée a éclaté et que le FMI a suspendu son programme, le Sénégal se retrouve persona non grata sur le marché financier international. Les portes se sont fermées. Dakar a dû revoir sa copie.
Direction : le marché financier régional. Et visiblement, ça marche.
L’objectif 2026 : 4132 milliards à lever localement
Le gouvernement s’est fixé une cible ambitieuse cette année : mobiliser 4132 milliards de francs CFA sur le marché régional des titres publics. Début mars, le compteur affiche déjà des chiffres encourageants.
Février : 378,7 milliards levés. Janvier : 366,7 milliards. Soit une progression de 11,8 milliards entre les deux mois. Au total sur janvier-février, l’État empoche 745,8 milliards de FCFA, d’après Umoa-titres dans sa synthèse mensuelle.
Détail du butin : 459 milliards via les Bons assimilables du Trésor (BAT), et 286,3 milliards grâce aux Obligations assimilables du Trésor (OAT).
Le piège des maturités courtes
Mais ces chiffres cachent une réalité moins reluisante : les emprunts du Sénégal penchent massivement vers les échéances rapprochées.
Exemple en février : 131,4 milliards remboursables dans 12 mois, 77 milliards dans 6 mois, 104 milliards dans 3 ans. À l’inverse, seulement 65,5 milliards donnent du temps long, avec des maturités entre 5 et 10 ans.
Autrement dit, l’argent rentre vite, mais il faudra le rendre tout aussi vite.
Objectif février pulvérisé
Reste que sur le plan comptable, Dakar affiche du vert. Le calendrier d’émissions 2026 prévoyait 608 milliards en fin février. Résultat : 745,8 milliards empochés. Largement au-dessus de la barre.
Des ressources qui tombent à pic pour honorer les lourdes échéances de mars.












