Jeudi, lancement des activités de mobilisation du secteur privé dans les agropoles et sites industriels. Ousmane Sonko monte au micro et pose un diagnostic brutal sur l’économie sénégalaise. Selon lui, le mal ronge le pays depuis 1960.
Le péché originel : le prestige avant l’essentiel
Le Premier ministre ne mâche pas ses mots. Les autorités qui se sont succédé ont fait fausse route dès le départ. Leur erreur ? «Beaucoup plus dans les dépenses de prestige politique que dans les dépenses visant à développer les secteurs névralgiques de l’économie».
Pour Sonko, bâtir une économie exige une méthode. Ça commence par une connaissance fine des richesses du pays, puis une vision claire, articulée autour de mécanismes de financement et d’encadrement pour ériger des filières solides.
Le problème ? Le Sénégal n’a jamais travaillé à poser cette vision, encore moins à l’exécuter.
Le résultat : une économie à l’envers
«Et c’est pourquoi le constat est là. Une économie très fortement tertiarisée, dont la structure ressemble beaucoup plus à celle des économies post-industrielles, alors qu’on n’a quasiment pas d’industrie», lâche-t-il.
Traduction : le Sénégal a une économie de services qui ressemble à celle des pays riches qui ont déjà traversé leur phase industrielle. Sauf qu’ici, on n’a jamais eu d’industrie au départ.
Des milliards investis, un échec au bout
Sonko rappelle que l’argent n’a pourtant pas manqué. Investissements directs, indirects, bilatéraux, multilatéraux… Tout a été mobilisé. Mais le bilan reste désastreux.
«Énormément d’argent a été investi au Sénégal et en Afrique de manière générale. Et le constat au bout, c’est que ça n’a pas généré une croissance qui a profité aux Africains et aux Sénégalais, parce que justement on s’est trompé de priorité», assène le chef du gouvernement.
Pour Ousmane Sonko, c’est ce modèle qu’il faut aujourd’hui casser et reconstruire.













