BOA Sénégal : comment un ancien cadre bancaire a orchestré un réseau de blanchiment d’un milliard FCFA avec 16 complices

Un tremblement de terre judiciaire secoue le secteur bancaire sénégalais. La Section de recherches de Colobane vient de mettre au jour un réseau de blanchiment de capitaux d’une ampleur rare, avec au centre un ancien cadre de la Bank Of Africa (BOA).

L’homme de l’intérieur

T. Samb, 45 ans, ancien responsable des opérations internationales de la BOA, est présenté par L’Observateur comme le cerveau de toute l’opération. Contrairement à un délinquant ordinaire, il a exploité sa position stratégique et sa connaissance intime du système bancaire pour monter un circuit d’une efficacité redoutable. Sa méthode : convaincre des personnes sans compte à la BOA d’en ouvrir un, en leur promettant des opérations légales et des commissions attractives.

Un milliard injecté via des justifications fictives

Des virements massifs en provenance de l’étranger, totalisant 1,067 milliard de francs CFA, ont été déversés dans ces comptes. Pour tromper les services de contrôle, le réseau fabriquait de toutes pièces des justifications : travaux de construction jamais réalisés, achats de véhicules inexistants. Des façades destinées à donner une apparence de légalité à des flux financiers frauduleux.

Une galerie de complices surprenante

L’enquête dévoile un réseau aux profils aussi variés qu’inattendus. Seize personnes ont été placées sous mandat de dépôt aux côtés du cerveau présumé. Parmi elles : un administrateur civil, un fiscaliste de la NMA Sanders, un docteur vétérinaire, des artistes comédiens et réalisateurs, mais aussi des profils plus modestes comme une couturière, un mécanicien et une vendeuse de glace de 59 ans. Tous ont reconnu devant les enquêteurs avoir reçu des virements initiés par T. Samb ou sa complice présumée, N.M. Ndiaye. Les fonds étaient ensuite retirés et redistribués entre Dakar, Rufisque, Tivaouane et Keur Massar.

Une question glaçante

Déférés devant le juge du 5e Cabinet d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF), les mis en cause sont poursuivis pour intrusion frauduleuse de données, blanchiment de capitaux, complicité d’escroquerie et recel. Mais au-delà des poursuites, une question s’impose : comment un cadre de ce rang a-t-il pu détourner le système bancaire aussi longtemps sans éveiller le moindre soupçon en interne ?

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