Un saut prodigieux dans l’histoire du sport sénégalais. À seulement 23 ans, la triple sauteuse Saly Sarr s’est définitivement imposée parmi l’élite de l’athlétisme mondial en cette fin d’été 2026. Devenue la toute première représentante du pays — hommes et femmes confondus — à inscrire son nom au palmarès de la prestigieuse Ligue de diamant, la native de Dakar enchaîne les performances d’exception et pulvérise les records. Retour sur la trajectoire fulgurante d’une championne d’exception.
Des gènes de sportifs et une ascension précoce
Née le 14 octobre 2002 à Dakar, Saly Sarr grandit dans une famille où le haut niveau est une seconde nature, entre un père footballeur et une mère basketteuse. Repérée par ses enseignants en 2011, elle effectue ses premiers pas sur les pistes d’athlétisme avant de se spécialiser dans le triple saut, discipline dont elle deviendra rapidement une référence.
Sa polyvalence saute aux yeux dès 2019 : à tout juste 17 ans, elle décroche l’or à l’heptathlon et l’argent au saut en hauteur lors des Championnats d’Afrique cadets à Abidjan. Deux ans plus tard, elle confirme ses dispositions à l’échelle internationale en se classant huitième de la finale du triple saut aux Championnats du monde juniors de Nairobi. En 2022, elle monte sur la deuxième marche du podium continental lors des Championnats d’Afrique à Saint-Pierre (Île Maurice).
2024-2026 : Le trône africain et les premiers podiums mondiaux
Le cap de la maturité est franchi en juin 2024 à Douala. Avec un essai mesuré à 14,06 mètres, Saly Sarr devient championne d’Afrique du triple saut, succédant directement à sa compatriote Sangoné Kandji. Après avoir représenté le Sénégal aux Jeux olympiques de Paris en 2024 et décroché une solide sixième place aux Championnats du monde 2025, elle s’adjuge l’or aux Jeux de la Solidarité islamique à Riyad.
Son ascension franchit un nouveau palier au début de l’année 2026 à Toruń (Pologne), où elle s’empare de la médaille de bronze aux Championnats du monde en salle — la première récompense mondiale de sa carrière. Un galop d’essai avant un été d’exception.
L’été 2026 : Un saut historique à 15,08 mètres et le sacre en Ligue de diamant
Après plusieurs prestations très convaincantes à Doha, Oslo puis Monaco (où elle prend la deuxième place avec 14,99 m), la Sénégalaise réalise le plus grand exploit de sa carrière le 23 août 2026 au meeting de Silésie. En franchissant une marque spectaculaire de 15,08 mètres, elle remporte le concours devant la championne du monde cubaine Leyanis Pérez Hernández, dépasse pour la première fois la barrière mythique des 15 mètres et efface le record national détenu depuis 2004 par la regrettée Kéné Ndoye (15,00 m).
Le chef-d’œuvre est parachevé le 4 septembre lors de la grande finale de la Ligue de diamant au Memorial Van Damme de Bruxelles. Avec une marque victorieuse à 14,96 mètres, elle offre au Sénégal la toute première victoire de son histoire dans ce circuit qui rassemble la crème de l’athlétisme mondial.
Numéro 2 mondiale et au cœur des convoitises
Grâce à son palmarès déjà riche d’un bronze aux Jeux africains d’Accra et d’un titre aux Jeux de la Francophonie à Kinshasa en 2023, Saly Sarr pointe aujourd’hui au deuxième rang mondial du classement World Athletics au triple saut féminin.
Une stature internationale qui attise les convoitises : plusieurs fédérations étrangères, notamment la France et la Russie, ont entamé des démarches pour tenter de la convaincre de changer de nationalité sportive. Preuve s’il en est du talent hors norme de la jeune Dakaroise, dont le maintien sous le maillot national constitue désormais un enjeu majeur pour le sport sénégalais.



















