Lors de sa Déclaration de politique générale (DPG) prononcée ce mardi 8 septembre, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a décliné la feuille de route sociale et économique du gouvernement. Plaçant l’amélioration de la qualité de vie des populations au cœur de l’action publique, le chef du gouvernement a dévoilé une série d’engagements majeurs et mesurables touchant au pouvoir d’achat, à la protection sociale, à l’énergie et au logement.
Vie chère et souveraineté alimentaire : cap sur la production locale
Face à la cherté de la vie, l’exécutif entend concentrer ses efforts sur les produits de première nécessité qui pèsent le plus lourd dans les finances des ménages. Sont directement visés : le pain, les céréales non transformées, la viande de bœuf, le poisson frais, le sucre, le lait, l’huile et les légumes frais. Pour soulager durablement les foyers, la stratégie repose sur un changement de paradigme.
« L’allègement du panier de la ménagère repose sur deux leviers : produire ce que nous mangeons ; manger ce que nous produisons », a affirmé Ahmadou Al Aminou Lô.
Afin de concrétiser cette ambition de souveraineté alimentaire, l’État prévoit de conclure des contrats-programmes avec le secteur privé dans les différentes filières. L’objectif consiste à diagnostiquer les blocages sur les chaînes de production et de commercialisation pour bâtir une réponse structurée à moyen terme. Dans l’immédiat, le Premier ministre promet une intensification des contrôles des prix et le renforcement des capacités de stockage sur le territoire national.
Protection sociale : un budget doublé à l’horizon 2027
Le volet social constitue un autre axe prioritaire de la politique gouvernementale. Citant les données de l’ANSD, Ahmadou Al Aminou Lô a rappelé que le pays compte 1 000 649 ménages vulnérables, alors que seuls 355 013 d’entre eux bénéficient aujourd’hui d’une couverture. Ce déficit laisse 645 636 foyers, soit près de cinq millions de citoyens, sans assistance adéquate.
Pour résorber cet écart, le gouvernement fixe un cap clair : couvrir un million de ménages pauvres et vulnérables (représentant 7,8 millions de Sénégalais) d’ici 2027. Pour soutenir cette ambition, l’enveloppe financière dédiée, portée à 70 milliards de francs CFA en septembre 2026, sera portée à 140 milliards de francs CFA en 2027. Dans l’immédiat, le chef du gouvernement a annoncé l’apurement, au cours du mois de septembre, des arriérés des Bourses nationales de sécurité familiale.
Énergie et habitat : baisse des coûts et accélération des livraisons
Sur le plan énergétique, le gouvernement s’appuie sur la valorisation du gaz naturel national pour la production d’électricité. Cette stratégie vise une baisse de 30 % du prix du kilowattheure d’ici 2030, tout en réduisant les disparités entre villes et campagnes. Le Programme d’accès universel à l’électricité sera accéléré afin d’électrifier les 6 471 localités encore en attente.
Enfin, face au déficit de logement estimé à 500 000 unités — auquel s’ajoute une demande annuelle de 10 000 à 15 000 habitations —, l’exécutif ambitionne de livrer au moins 30 000 logements effectivement occupés par an. L’objectif final est de porter progressivement la proportion de Sénégalais vivant dans un habitat décent de 56 % à 75 %, notamment grâce à la relance des programmes sociaux et à la mise à disposition de foncier aménagé.



















