Washington : Cheikh Diba et Abdourahmane Sarr face à la DG du FMI, ce qui s’est dit

Le ministre des Finances Cheikh Diba et le ministre de l’Économie Abdourahmane Sarr sont actuellement à Washington pour les réunions de printemps 2026 du Groupe de la Banque mondiale et du FMI. Ils ont été reçus par la Directrice générale du Fonds, Mme Kristalina Georgieva.

Une réunion « productive » selon Georgieva

La patronne du FMI a qualifié les échanges de productifs. Les discussions ont porté sur le développement économique du Sénégal, notamment la question de la dette et des finances publiques. « Nous avons souligné l’importance d’une gestion budgétaire saine et de réformes structurelles pour réduire les vulnérabilités de la dette et soutenir le développement à long terme », a-t-elle déclaré.

Des discussions reprises depuis janvier 2026

Ce rendez-vous de Washington s’inscrit dans la continuité d’un dialogue renoué. Le 24 février dernier, devant les députés, Cheikh Diba avait rappelé que les discussions avec le FMI avaient repris dès le 19 janvier 2026, avec la réception de la nouvelle cheffe de mission, Mme Vera Mercedes. « Après avoir reçu la nouvelle cheffe de mission, nous avons posé tous les sujets de discussions sur la table. Le premier sur le misreporting et le second sur la négociation d’un nouveau programme », avait-il expliqué.

Le misreporting stabilisé, mais des préalables restent

Sur le volet misreporting, le ministre des Finances avait indiqué que les positions ont été largement alignées. « Nous sommes tombés d’accord sur l’audit sur la situation de la dette, sur la correction des statistiques sur les finances publiques, les sujets d’ordre quantitatif, sur la matrice des mesures de réforme », assurait-il. Quelques mesures préalables restent néanmoins à mettre en œuvre avant la tenue d’un conseil d’administration sur ce sujet.

Des divergences persistantes sur le nouveau programme

C’est sur la négociation d’un nouveau programme que le bât blesse encore. Les deux parties ne s’accordent pas sur le cadrage et les projections de croissance. « Nous pensons que les hypothèses du FMI sont pessimistes sur la situation économique du Sénégal et le FMI estime que nos projections sont optimistes », avait reconnu Cheikh Diba. Les deux camps travaillent néanmoins à rapprocher leurs positions.

L’enjeu central : le volume de financement

Derrière ces divergences techniques se cache un enjeu majeur : le volume de ressources que l’État devra mobiliser sur les marchés financiers entre 2026 et 2028. Si les projections restent incompatibles, le besoin de financement sera plus important, et le FMI pourrait continuer à préconiser une restructuration. « Si nous arrivons à converger sur l’essentiel des indicateurs du cadrage, le besoin de financement va se rétrécir à un niveau qui nous permettra de pouvoir assurer le bouclage de ce financement », avait conclu le ministre.

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