Le drame qui a secoué le milieu artistique sénégalais avec le décès de l’actrice Halima, survenu le 26 janvier 2026, continue de faire des vagues. Dans un entretien exclusif accordé à Afrofeeling, son frère Kader Dadji lève le voile sur les heures qui ont précédé cette disparition brutale. Loin des hommages publics, le comédien partage un témoignage poignant et accablant, mettant en lumière les tensions relationnelles intenses que sa sœur aurait traversées dans son entourage le plus proche.
Une dernière conversation chargée de tensions
Le soir de son décès, Halima et Kader Dadji ont échangé vers 18 heures. C’est lors de cet appel que l’actrice a confié à son frère le malaise qu’elle ressentait face à ce qu’elle considérait comme sa « meilleure amie ». Une personne qui, paradoxalement, l’ignorait alors qu’elle était dans un état de détresse.
« Halima a quitté ce monde le 26 janvier à 21 heures. On s’est parlé vers 18 heures. Elle me parlait de sa soi-disant meilleure amie qui l’ignorait. J’ai appelé la personne et elle m’a répondu qu’elle en avait marre de Halima », raconte Kader Dadji, la voix encore marquée par l’émotion.
Face à cette froideur, le frère de l’actrice a tenté de jouer les médiateurs, expliquant à l’interlocutrice que l’état dépressif de Halima pouvait expliquer certaines de ses réactions. Mais la réponse a été cinglante : « Elle m’a répondu que c’était juste un prétexte que Halima utilisait et que tout le monde avait des problèmes comme elle », se souvient-il.
« J’espère que tu es contente » : l’annonce du décès
Peu après 21 heures, le pire est arrivé. Kader Dadji a immédiatement contacté cette même « amie » pour lui annoncer le décès de sa sœur. La réaction de l’interlocutrice, selon le comédien, a été d’une cruauté rare.
« Je lui ai dit : “J’espère que tu es contente, elle vient de décéder.” Elle est venue à l’hôpital avec ses cris », affirme Kader Dadji.
Cette scène, vécue dans l’urgence et la douleur, illustre la complexité des liens qui unissaient Halima à son cercle intime, où l’affection semblait se muer en rejet dans les moments de vulnérabilité.
Le téléphone de Halima : un révélateur de mal-être
Après le décès, Kader Dadji a examiné le téléphone portable de sa sœur. Cette découverte a confirmé ses soupçons sur l’ampleur du harcèlement moral dont Halima était victime. L’actrice recevait des messages particulièrement violents, émanant, selon lui, de personnes de son propre réseau professionnel et amical.
« Quand j’ai pris son portable, j’ai vu tous les messages qu’elle recevait : “Tu es une folle”, “Va te faire soigner”… Et ce sont des gens du même réseau », déplore le comédien. Il souligne avec amertume l’hypocrisie de ces mêmes individus qui, après la disparition de Halima, se sont empressés de publier des hommages émouvants sur les réseaux sociaux.
« Elles ont traité ma sœur de folle alors qu’elle était simplement dépressive et que cela n’avait rien à voir avec la folie », insiste-t-il. Pour Kader Dadji, ces échanges écrits sont la clé de compréhension du mal-être profond qui a miné les derniers jours de sa sœur. « C’est ça qui m’a révolté et j’ai compris le mal-être de ma sœur. Ce sont les mêmes personnes que tu vois sur les réseaux sociaux en train de pleurer et de publier la photo de Halima », soutient-il.
Ces confidences intimes jettent une lumière crue sur les réalités souvent invisibles du milieu du spectacle. Kader Dadji précise que les tensions ne se limitaient pas au cercle privé : « Même dans le showbiz, il y avait des artistes qui ne l’aimaient pas ». Un témoignage qui invite à une réflexion plus large sur la santé mentale et les dynamiques de groupe dans l’industrie culturelle sénégalaise.



















