Banlieue de Dakar : 15 ans de réclusion requis contre « Mbaye Boundaw », présumé cerveau de braquages de moto-taxis

Devant la Chambre criminelle, le sort de Mbaye Sarr, plus connu sous le sobriquet de « Mbaye Boundaw », est désormais entre les mains de la justice. Âgé de 27 ans et résidant à Malika, le prévenu est poursuivi pour association de malfaiteurs ainsi que pour vols en réunion commis la nuit avec violence et usage d’armes. Face à la gravité des faits qui lui sont reprochés dans la banlieue dakaroise, le parquet a requis une peine de 15 ans de réclusion criminelle.

Un mode opératoire bien rôdé au cœur de la nuit

L’affaire remonte à l’année 2022, période durant laquelle le commissariat de Guédiawaye a été saisi de nombreuses plaintes déposées par des conducteurs de moto-taxi. Toutes les victimes décrivaient un scénario à la méticulosité troublante : un faux client sollicitait une course tardive, généralement entre minuit et 2 heures du matin, avant d’entraîner le chauffeur vers une zone isolée où des complices embusqués surgissaient pour perpétrer l’agression.

Parmi les faits examinés figure l’agression subie par K. Diop. Après un premier contact en journée, ce conducteur avait reçu un appel vers 23 h 59 lui fixant un rendez-vous à Yeumbeul pour une course à destination de Djiddah Thiaroye Kao. Le passager lui avait spécifiquement demandé de venir seul, indiquant qu’il serait accompagné de sa petite amie. C’est à Thiaroye, juste après la descente de la jeune femme, que le traquenard s’est refermé.

Guet-apens, menaces à l’arme blanche et dépouillements

Selon les détails exposés lors de l’audience, un complice est intervenu pour couper le moteur de la moto pendant qu’un coupe-coupe était posé sur la clavicule du pilote. Terrorisé, K. Diop a été dépossédé de son véhicule, de son téléphone portable et d’une somme de 161 000 FCFA. Le ministère public soutient que ce même schéma tactique a fait plusieurs autres victimes, notamment A. Fall, S. Sow et A. Gaye, toutes ciblées à des heures où la vulnérabilité des conducteurs était maximale.

Entre accusations de « rabatteur » et dénégations de la défense

Pour l’accusation, Mbaye Sarr jouait un rôle central de « rabatteur », chargé de mettre en confiance et d’attirer les victimes vers le lieu de l’embuscade. Plusieurs plaignants ont d’ailleurs formellement identifié le mis en cause après son arrestation.

À la barre, l’accusé conteste fermement la version des faits. Mbaye Sarr clame son innocence, soutenant ne connaître aucun des plaignants et n’avoir jamais pris part à ces attaques. Un axe de défense appuyé par son conseil, qui pointe du doigt les faiblesses du dossier d’instruction. L’avocat a rappelé que les plaintes initiales visaient X et a déploré l’absence de réquisitions téléphoniques permettant d’établir la matérialité des appels incriminés. La défense a ainsi sollicité l’acquittement au bénéfice du doute.

Le parquet ayant maintenu l’intégralité de ses réquisitions, la Chambre criminelle rendra son verdict le 6 octobre.

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