Le Tribunal militaire de Bamako a rendu, ce jeudi 3 septembre, un verdict qui marque un tournant dans l’affaire du colonel Alpha Yaya Sangaré. L’officier malien a été condamné à 20 ans de réclusion, une décision qui tranche radicalement avec les réquisitions du ministère public, lequel avait réclamé la peine capitale.
Un procès à huis clos et des faits contestés
Détenu depuis mars 2024, le colonel Sangaré était jugé pour des faits liés à la publication, fin 2023, de son ouvrage Mali : Le défi du terrorisme en Afrique. Dans ce livre, certains passages évoquaient des exactions présumées commises par l’armée au détriment de populations civiles, ce qui a déclenché des poursuites judiciaires.
Les chefs d’accusation retenus contre l’officier étaient lourds : « trahison », « atteinte au crédit de l’État » et « diffusion de fausses nouvelles attribuées à des tiers, de nature à ébranler la discipline des Forces armées et de sécurité ». Le procès s’est tenu à huis clos, dans une atmosphère tendue. À la barre, le colonel Sangaré a systématiquement nié les faits qui lui étaient reprochés. Sa défense a plaidé l’acquittement, arguant que les éléments constitutifs des infractions poursuivies n’étaient pas réunis.
Un verdict plus clément que les réquisitions du parquet
Le tribunal a finalement opté pour une peine de 20 ans de prison, un chiffre nettement inférieur aux exigences du parquet militaire. Les juges ont donc choisi de ne pas suivre dans toute sa rigueur la demande de la peine de mort formulée par le ministère public. Cette issue judiciaire intervient dans un contexte où le colonel Alpha Yaya Sangaré avait déjà été officiellement écarté de l’institution militaire, ayant été radié des effectifs des Forces armées maliennes en décembre 2025.



















