Une nouvelle dimension judiciaire vient de s’ouvrir dans l’affaire opposant la justice fédérale américaine au businessman sénégalais Amadou K. D. Le Département américain de la Justice (DOJ) a révélé que deux anciens membres du gouvernement de Macky Sall auraient bénéficié de cadeaux et d’avantages financés par des fonds détournés. Cette découverte expose l’accusé à des poursuites supplémentaires au titre de la Foreign Corrupt Practices Act (FCPA), la loi fédérale réprimant la corruption d’agents publics étrangers.
Des largesses en échange de terrains
Amadou K. D., dirigeant des sociétés Virtual Advisors LLC et Liquide Inc., est poursuivi pour 18 chefs d’accusation, incluant des fraudes électroniques et la corruption internationale. Selon les documents d’accusation, l’homme d’affaires aurait siphonné plus de 1,8 million de dollars auprès d’au moins onze investisseurs entre 2015 et 2020, en leur promettant des rendements sur des projets technologiques, immobiliers ou de santé qui n’ont jamais vu le jour.
Une partie de cette somme aurait été utilisée, en 2018, pour gratifier deux anciens ministres, désignés sous les pseudonymes « Official 1 » et « Official 2 ». Le premier aurait profité, lors d’un séjour aux États-Unis, d’un déplacement en hélicoptère pour assister à un match des Lakers, ainsi que d’un hébergement et de loisirs entièrement pris en charge par Virtual Advisors. Le second, reçu au Sénégal en décembre 2018, aurait reçu la promesse de cinq véhicules destinés à une campagne politique.
Une promesse suffit-elle à fonder une accusation ?
Ces avantages, qu’ils aient été effectivement délivrés ou simplement promis, visaient selon l’accusation à obtenir en retour une assiette foncière. Bien que la justice américaine ne précise pas si les véhicules ont été livrés ou les terrains obtenus, le droit américain est clair : une simple offre ou promesse d’avantage peut suffire à fonder une accusation au titre du FCPA, dès lors que l’intention de corrompre est démontrée.
L’identité des deux anciens ministres reste pour l’instant protégée par l’anonymat judiciaire, mais leur révélation pourrait intervenir au fil de la procédure. Le dossier connaît un rebondissement procédural imminent : la justice américaine doit se prononcer le 10 septembre sur une requête de la défense concernant des expertises financières contestées par le parquet.



















