Alors que la justice sénégalaise poursuit son cours, l’organisation Horizon Sans Frontières a choisi de lever la voix. Non pas pour contester la légalité des poursuites engagées contre trois jeunes créatrices de contenu, mais pour plaider en faveur d’une issue clémentiste. L’enjeu, selon Boubacar Seye, président de l’association, dépasse le cadre strict de l’affaire : il s’agit de préserver l’intérêt supérieur des enfants de ces femmes actuellement placées sous mandat de dépôt.
Une notoriété qui ne justifie pas les dérives
Les faits sont connus : Rox et ses deux camarades, figures influentes sur TikTok, sont incarcérées après que certains de leurs contenus en direct aient été jugés porteurs d’atteinte à la dignité, à l’image ou à la vie privée d’autrui. Horizon Sans Frontières ne minimise pas la gravité de ces actes. L’organisation rappelle avec fermeté que la liberté d’expression sur les plateformes numériques ne saurait se muer en licence d’humilier ou d’exposer autrui. « Derrière chaque écran, il y a des personnes, des familles et des vies », insiste l’association, qui refuse de cautionner ces dérives comportementales.
Le poids de l’absence sur les enfants
Cependant, le plaidoyer se concentre sur une réalité souvent occultée par le tumulte médiatique : l’impact psychologique sur la descendance des détenues.
« Comment vivent-ils cette rentrée scolaire en Europe avec cette inquiétude qui pèse sur leurs épaules ? »
, s’interroge l’organisation. Pour Boubacar Seye, consultant-chercheur en migrations internationales, il est inacceptable qu’un enfant soit condamné à porter les conséquences des erreurs de ses parents. L’association souligne que ces enfants, souvent scolarisés à l’étranger, subissent le bouleversement familial et l’absence soudaine de leur mère, une épreuve qui peut laisser des traces durables.
Un appel à la clémence, non à l’impunité
Dans ce contexte, Horizon Sans Frontières demande aux autorités compétentes d’examiner la possibilité d’une mesure de libération sous contrôle ou d’une alternative carcérale, dans le strict respect des procédures judiciaires en cours. Cet appel à la clémence n’est en aucun cas un plaidoyer pour l’impunité. L’organisation souhaite que cette épreuve serve de leçon de vie aux trois jeunes femmes, leur permettant de comprendre que la recherche de notoriété et d’audience ne doit jamais se faire au détriment de la dignité d’autrui. Une seconde chance n’a de valeur que si elle s’accompagne d’une véritable prise de conscience, ouvrant la voie à un nouveau départ pour elles, leurs familles et, surtout, leurs enfants.



















