Déjà incarcérée dans le cadre d’une affaire financière, Tabaski Ngom se retrouve au cœur d’une nouvelle crise judiciaire. Une altercation violente survenue au sein de la Maison d’arrêt et de correction de Dakar, impliquant une codétenue enceinte de huit mois, pourrait entraîner des poursuites pénales supplémentaires et aggraver considérablement sa situation. Au-delà des sanctions disciplinaires internes, la gravité des faits reprochés et l’état de la victime pèsent lourdement dans la balance de la justice sénégalaise.
Un incident violent au Pavillon spécial
Les faits se sont déroulés le 30 août 2026 au Pavillon spécial de l’établissement pénitentiaire. Selon les éléments rapportés, Tabaski Ngom aurait agressé physiquement A. Diatta, une jeune femme de 21 ans enceinte de huit mois, après que cette dernière s’est opposée à un transfert de chambre. La détenue aurait projeté sa codétenue au sol avant de lui porter plusieurs coups. L’incident a nécessité l’intervention immédiate de l’officier de permanence et du chef de poste, qui ont dû faire face à une résistance active de la part de Tabaski Ngom. La victime a été d’urgence évacuée à l’Hôpital principal de Dakar pour des examens cliniques et échographiques, notamment pour évaluer l’impact des violences sur sa grossesse.
Une qualification pénale susceptible d’être lourde
La qualification juridique de cet acte dépendra directement des conséquences médicales constatées. Le Code pénal sénégalais est clair : l’article 294 prévoit une peine d’emprisonnement de un à cinq ans lorsque des coups et blessures volontaires entraînent une maladie ou une incapacité totale de travail supérieure à vingt jours. En l’absence d’incapacité ou si celle-ci est inférieure, l’article 296 s’applique, avec des peines plus légères, sauf en cas de préméditation ou de guet-apens. L’état de grossesse de la victime constitue un facteur aggravant majeur, le Code pénal accordant une protection renforcée aux personnes particulièrement vulnérables en raison de leur état de grossesse. Le certificat médical initial n’a pas encore fixé l’incapacité temporaire de travail (ITT), les médecins devant finaliser leurs examens avant de trancher.
Rébellion et sanctions disciplinaires : un double risque
Outre les violences envers la codétenue, le comportement de Tabaski Ngom envers les agents pénitentiaires intervient dans l’appréciation du dossier. Le Code pénal contient des dispositions spécifiques sur la rébellion des détenus. L’article 191 assimile certaines réunions de prisonniers accompagnées de violences ou de menaces à des réunions de rebelles, tandis que l’article 190 prévoit que les crimes et délits commis à l’occasion d’une rébellion sont punis selon les peines prévues pour ces infractions si elles sont plus sévères. Les enquêteurs et le parquet devront donc déterminer précisément la nature des gestes reprochés. À cela s’ajoute le volet disciplinaire : l’administration pénitentiaire peut infliger des sanctions, allant jusqu’à la mise en cellule punitive en cas d’urgence, sans préjudice des poursuites pénales. Cette nouvelle procédure vient s’ajouter au dossier financier initial, compliquant encore davantage la situation judiciaire de la détenue.



















