Une affaire d’abus de confiance au préjudice particulièrement lourd vient d’être tranchée par la justice à Diourbel. Un entrepreneur sénégalais, parti tenter sa chance en Guinée-Conakry en 2022, avait confié la gestion de son commerce de boulangerie situé à Touba à un homme de 54 ans. De retour au pays, le propriétaire a découvert un vaste réseau de malversations financières, un projet d’extension évaporé et une fraude à l’électricité.
Un accord financier bafoué et 5 millions de FCFA volatilisés
Les faits remontent à l’année 2022. Désireux d’étendre ses activités économiques vers la Guinée-Conakry, l’investisseur M. Thiam confie l’administration de sa boulangerie à Touba au nommé S. Diop. Selon les révélations de L’Observateur, les deux partenaires s’étaient accordés sur une répartition claire : le gérant devait percevoir 18 % des bénéfices mensuels, tandis que les 82 % restants devaient être scrupuleusement déposés sur un compte bancaire.
Installé à l’étranger, l’entrepreneur nourrit l’ambition d’agrandir sa structure. Il effectue alors un transfert d’un montant de 5 millions de francs CFA à l’attention de son gérant, avec pour mission explicite de concrétiser le rachat de deux autres boulangeries dans la zone.
Commandes fictives et fraude au compteur SENELEC
C’est au moment de son retour au Sénégal que le promoteur déchante. Non seulement les deux établissements promis n’ont jamais été acquis, mais la somme de 5 millions FCFA s’est totalement volatilisée. En creusant la gestion comptable, M. Thiam décèle de lourdes incohérences financières portant notamment sur d’importantes commandes de farine.
Pour couronner le tout, une inspection des installations révèle une altération frauduleuse du compteur électrique, une infraction formellement constatée et verbalisée par les agents de la SENELEC.
Le verdict du tribunal de Diourbel
Face à l’ampleur des dégâts et à la mauvaise foi constatée, le propriétaire a saisi le procureur de la République. Entendu durant la phase d’enquête, S. Diop avait initialement reconnu l’intégralité des manquements qui lui étaient reprochés. Cependant, devant la barre du tribunal, le prévenu a opéré un revirement complet de stratégie, ne concédant plus qu’une simple dette estimée à 2,6 millions de francs CFA.
Cette ligne de défense n’a pas convaincu le juge. Reconnu coupable d’abus de confiance, S. Diop a été condamné par le tribunal de Diourbel à une peine de deux ans de prison, dont six mois ferme. Le tribunal l’a également condamné à verser la somme de 15 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts pour réparer le préjudice subi par son ancien employeur.



















