Affaire Capitaine Sy : Un pâtissier piégé et brutalement agressé à Yoff, deux complices présumées déférées

Une simple publication sur les réseaux sociaux a viré au drame à Dakar. Après avoir relayé une vidéo controversée du fils d’un guide religieux, D. Mbengue, un jeune pâtissier, a été la cible d’un guet-apens d’une violence inouïe sur la plage de Yoff BCEAO. Attaqué par un commando d’hommes encagoulés, le jeune homme a été grièvement blessé. L’enquête menée par la gendarmerie a débouché sur l’arrestation de deux femmes, présentées ce lundi au parquet de Dakar.

De la polémique sur WhatsApp aux menaces directes

L’affaire trouve son origine le lundi 31 août 2026. Ce jour-là, D. Mbengue diffuse sur son statut WhatsApp un extrait vidéo impliquant Capitaine Sy, fils de Serigne Moustapha Sy, capté lors du Gamou 2026. Dans cette séquence abondamment partagée sur la toile, ce dernier affirmait pouvoir

« mettre le pays en cendres »

. Alors que la sortie suscite moqueries et débats, elle provoque l’ire de R. Seck, la voisine du pâtissier.

Cette dernière s’en prend violemment au jeune homme et à sa mère à travers des messages vocaux injurieux, avant de franchir un cap en divulguant le numéro de téléphone de D. Mbengue dans un groupe WhatsApp composé de moustarchidines. Ciblé par de nombreuses menaces, le pâtissier envisage de déposer une plainte le 2 septembre, mais son père l’en dissuade à la suite d’une démarche d’apaisement entreprise par la famille de la voisine.

Un faux rendez-vous professionnel transformé en embuscade

Cette tentative de conciliation n’a toutefois pas suffi à stopper l’escalade. Le vendredi 4 septembre, vers 21 h 45, D. Mbengue reçoit l’appel d’une femme se faisant appeler A. Diène. Prétendant vouloir passer une commande urgente de pâtisseries pour des clients, elle lui donne rendez-vous à la plage de Yoff BCEAO. Confiant, l’artisan se rend sur les lieux convenus.

Sur place, le piège se referme brutalement : six individus encagoulés surgissent et le rouent de coups à l’aide de bâtons télescopiques, ciblant tout particulièrement sa tête. Ensanglanté mais parvient à s’échapper, D. Mbengue lance des appels au secours qui alertent un passant. Évacué dans un premier temps vers l’hôpital Philippe Maguilène Senghor, il est transféré à l’hôpital Général Idrissa Pouye, puis à l’hôpital Fann afin de subir un scanner. L’agression lui vaut une incapacité totale de travail (ITT) fixée à 15 jours.

Deux prévenues devant le procureur, les agresseurs en fuite

Saisis d’une plainte, les gendarmes de la brigade territoriale de la Foire ont rapidement identifié les suspectes. Lors de son audition, R. Seck a reconnu les injures ainsi que la transmission du contact dans le groupe moustarchidine, tout en exprimant des regrets. De son côté, A. Diène a admis avoir contacté la victime sous couvert d’une commande de gâteaux, mais nie toute implication dans le guet-apens. Une version contredite par des témoignages la situant sur la plage aux côtés des assaillants au moment des faits.

Ce lundi, les deux femmes ont été déférées au parquet de Dakar. Elles sont poursuivies pour coups et blessures volontaires ayant entraîné une ITT de 15 jours, injures publiques et mise en danger de la vie d’autrui. Les six hommes encagoulés ayant perpétré l’attaque restent activement recherchés par la gendarmerie nationale.

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