Anciennement aux commandes de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase) et ex-ministre des Sports sous la présidence de Macky Sall, Lat Diop a quitté le territoire national en direction de la France. Bénéficiant d’une ordonnance favorable du juge d’instruction du Pool financier pour des motifs de santé, l’ancien responsable politique entame un séjour médical de quinze jours à l’étranger, tandis que ses conseils s’activent pour obtenir la mainlevée de sa surveillance électronique.
Un feu vert judiciaire strictement encadré
Ce déplacement hors des frontières sénégalaises fait suite à une requête déposée par le conseil de l’ancien ministre, Me Abdou Dialy Kane. Évoquant des impératifs d’ordre médical, l’avocat a convaincu le magistrat instructeur du Pool financier. Cette démarche a par ailleurs reçu l’aval du procureur financier, qui ne s’est pas opposé à la demande.
À la suite de cette décision favorable, le greffe du cabinet du juge a officiellement restitué son passeport à Lat Diop. Néanmoins, la justice a fixé des conditions strictes : l’autorisation de sortie du territoire est accordée pour une durée ferme de quinze jours, à compter du dimanche 6 septembre 2026. Pendant ce laps de temps, l’ancien ponte du régime de Macky Sall demeure pleinement soumis aux contraintes de son contrôle judiciaire.
La bataille juridique autour du bracelet électronique
Parallèlement à ce voyage de soins, la situation pénale de Lat Diop s’oriente vers un tournant majeur. Placé sous assignation à résidence avec port du bracelet électronique depuis le 12 août 2025, le mis en cause pourrait rapidement obtenir l’annulation de cette mesure.
L’article 138 alinéa 4 du Code de procédure pénale limite l’assignation à résidence sous surveillance électronique à une durée maximale d’un an, un terme atteint depuis le 12 août 2026.
Bien que cet argument n’ait pas été directement formulé dans la requête initiale portant sur le déplacement médical, le cadre légal offre au juge le pouvoir de modifier ou de révoquer cette contrainte. Les avocats de Lat Diop ont ainsi saisi la Chambre d’accusation financière afin d’obtenir la mainlevée définitive du bracelet électronique, en s’appuyant notamment sur la jurisprudence établie dans les procédures concernant les anciens ministres Ismaïla Madior Fall et Aïssatou Gladima.



















