TER : L’AFD préconise une hausse des tarifs, mais le Conseil économique du chef de l’État y met un veto

Le Train Express Régional (TER) du Sénégal se retrouve au cœur d’un dilemme financier et social majeur. Face à un déficit annuel estimé à 18 milliards de francs CFA, la question de la révision des tarifs pour les usagers refait surface, alimentée par les conclusions récentes d’une évaluation menée par l’Agence française de développement (AFD).

Une recommandation de l’AFD et un contre-avis interne

Longtemps pris en charge par l’État pour préserver l’accessibilité du transport ferroviaire, le TER pèse lourdement sur les finances publiques. Cette réalité, déjà pointée du doigt par l’ancien ministre des Transports Yakhoba Diémé, a été réactivée par Mounirou Ndiaye, économiste et ministre-conseiller du président de la République. Lors de son intervention sur la chaîne 7TV, ce dernier a révélé que les évaluateurs de l’AFD avaient formellement préconisé une augmentation des tarifs afin de réduire la facture annuelle de la desserte.

Cependant, cette recommandation n’a pas fait l’unanimité au sein des cercles de décision. Mounirou Ndiaye a expliqué avoir transmis une note au chef de l’État pour s’opposer à cette hausse. Selon lui, la qualité de service actuelle ne justifie pas une augmentation du prix du billet.

« J’ai écrit une note au président pour lui dire que la fréquence du TER n’est pas bonne, il est toujours bondé. C’est impossible d’augmenter les tarifs », a-t-il déclaré.

Préserver l’accessibilité face aux contraintes budgétaires

L’économiste met en garde contre les conséquences sociales d’une telle mesure. Pour Mounirou Ndiaye, augmenter les prix dans un contexte où les trains sont régulièrement saturés risquerait de pénaliser davantage les populations et de créer de « mauvaises habitudes de transport ». Il plaide ainsi pour une approche prudente, insistant sur la nécessité de maintenir le TER comme un véritable moyen de transport de masse abordable.

Le débat oppose désormais deux logiques : celle de la soutenabilité financière, qui appelle à réduire les subventions publiques, et celle de la politique sociale, qui vise à garantir l’accès au transport pour tous. Cette tension s’inscrit dans un contexte plus large de discussions avec le Fonds monétaire international (FMI), où le Sénégal s’est engagé à assainir ses finances publiques. Bien qu’aucune hausse ne soit officiellement annoncée pour le moment, la pression sur les subventions pourrait rendre la tarification du TER un sujet sensible lors des prochains arbitrages budgétaires.

Source originale : SeneNews
PARTAGER:
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *