Le volet judiciaire de l’affaire opposant trois créatrices de contenu à plusieurs plaignants prend une tournure inéluctable. Alors que les protagonistes tentaient de trouver un terrain d’entente, le Procureur de la République a tranché : les poursuites se poursuivent. Une décision qui fige le dossier et scelle le sort de Rokhaya Fall, dite « Rox », Khadidiatou Kébé (« Jessica ») et Nafissatou Fall (« Narou »), placées sous mandat de dépôt et attendues devant le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye mercredi prochain.
Une procédure maintenue d’office par le parquet
Après leur défèrement ce jeudi devant le procureur Salou Dicko, les trois TikTokeuses avaient initialement opté pour la voie de la réconciliation, retirant leurs plaintes respectives dans une tentative d’apaisement. Cependant, cette démarche n’a pas suffi à convaincre les autorités judiciaires. Le parquet a estimé que la gravité des faits, qualifiés de propos contraires aux bonnes mœurs et d’injures publiques, ainsi que leur ampleur sur les réseaux sociaux, imposaient une poursuite d’office, indépendamment du retrait des plaintes privées.
La plainte d’Adji Mass, facteur déterminant
Si le dossier est complexe, c’est notamment en raison de la multiplicité des plaignants. Parmi eux, Adji Mass a tenu à clarifier sa position publique, déclarant : « Je ne peux plus retirer ma plainte ». Cette fermeté contraste avec d’autres situations où des accords amiables avaient pu aboutir. Aux côtés d’Adji Mass, les plaintes d’Ibrahima Sarr et de Fatima Sall pèsent également sur le dossier de « Rox », qui fait l’objet d’une attention particulière de la part des enquêteurs.
« Je ne peux plus retirer ma plainte », a affirmé Adji Mass, officialisant ainsi la poursuite du contentieux contre la créatrice de contenu.
Des avocats mobilisés pour un procès médiatique
Conscientes de l’enjeu, les trois prévenues ont constitué un cabinet d’avocats de prestige pour les défendre lors de l’audience de mercredi. L’équipe juridique comprend Mes Aboubacry Barro, Arona Bass, Alphonse Faye, Takha Cissé, Alioune Sawaré et El Hadji Diouf. Lors de leurs auditions, les prévenues ont reconnu avoir tenu les propos litigieux lors de leurs sessions de « lives » sur TikTok. Cette affaire, qui met en lumière les limites légales de la liberté d’expression sur les plateformes numériques, suscite un intérêt soutenu de l’opinion publique sénégalaise.



















