Affaire de la Rolex au Pullman : Gaz hilarant, perquisition aux Mamelles et comparution imminente pour Nogaye Thiam et ses acolytes

Ce qui s’annonçait comme une simple affaire de vol de bijou de luxe a rapidement viré au scandale judiciaire sur fond de consommation de substances psychotropes. L’enquête ouverte suite à la disparition d’une montre de valeur dans un grand hôtel de la capitale a finalement débouché sur des perquisitions fructueuses et le placement sous mandat de dépôt de plusieurs personnalités, dont la comédienne Nogaye Thiam, figure emblématique de la série « Bété Bété ».

Du séjour de luxe au vol d’une montre de près de 12 000 dollars

L’affaire prend son origine au tout début du mois de septembre 2026, lorsque Sidi Mouhamed, un opérateur économique de nationalité malienne âgé de 35 ans, passe la porte de la Brigade de gendarmerie de Dakar-Ville (Thionk). Il vient y officialiser une plainte contre X pour le vol de sa montre de marque Rolex Oyster, estimée à 11 872 dollars (facture à l’appui).

Devant les enquêteurs, le plaignant détaille le déroulement du week-end du 28 au 29 août. Initialement partis pour rejoindre la station balnéaire de Saly en compagnie de son ami Abou Daffé (32 ans, manager d’entreprise), les deux hommes réorientent leur séjour vers l’hôtel Pullman de Dakar en raison des fortes pluies. Ils sont alors rejoints par Fatou Diallo dite « Fafa » (30 ans), qui a fait venir deux amies : la jeune étudiante Aïssatou Goudiaby (24 ans) et l’actrice Nogaye Thiam (28 ans).

Installez dans la chambre 325 aux alentours de 23 heures, le groupe consomme des repas, écoute de la musique et festoie. Le sac de Sidi Mouhamed, contenant le précieux garde-temps, repose alors entre deux lits. Au fil de la nuit, les mouvements entre les chambres 325 et 206 se multiplient. Ce n’est que le dimanche soir, après le départ de l’ensemble des occupants, que l’homme d’affaires constate la disparition de sa Rolex. Les démarches amiables engagées par Abou Daffé auprès des participantes n’ayant rien donné, la justice a été saisie.

Vidéo-verbalisation et saisie de produits psychotropes aux Mamelles

Entendues à tour de rôle, toutes les personnes présentes lors de cette soirée ont fermement rejeté toute implication dans la soustraction du bijou. Cependant, le dossier a pris une tournure inattendue lorsque les gendarmes ont visionné les enregistrements de la vidéosurveillance de l’établissement hôtelier. Les images révélaient clairement plusieurs membres du groupe en train de respirer du protoxyde d’azote (communément appelé gaz hilarant) à l’aide de ballons de baudruche.

Munis de ces éléments probants, les forces de l’ordre ont mené une perquisition ciblée le 2 septembre 2026, à 16 heures, au domicile de Fatou Diallo, situé dans le quartier des Mamelles. La fouille du salon de cet appartement s’est avérée concluante : six bonbonnes de protoxyde d’azote usagées et dix ballons ont été découverts et saisis par les enquêteurs.

Achat par livreur, maux de ventre et tentative d’arrangement

Soumis à un nouvel interrogatoire sur la provenance de ces inhalants, les suspects ont livré des versions qui fragilisent leur défense. L’actrice Nogaye Thiam a reconnu l’usage de cette substance, précisant toutefois les circonstances :

« J’ai consommé du protoxyde d’azote une seule fois au cours de la soirée, mais j’ai rapidement arrêté à cause de maux de ventre. J’ai aussi entendu Abou Daffé dire qu’il en recommanderait si les stocks venaient à manquer. »

Un témoignage corroboré par Aïssatou Goudiaby, qui a affirmé qu’Abou Daffé avait directement utilisé son téléphone portable pour passer la commande. De son côté, la maîtresse des lieux aux Mamelles, Fatou Diallo, s’est voulue explicite :

« C’est Abou Daffé qui s’est chargé d’acheter les produits par le biais d’un livreur. Nous avons tout consommé à cinq durant notre séjour au Pullman. »

Malgré ces accusations concordantes, Abou Daffé et Sidi Mouhamed ont choisi de tout nier en bloc. Pour ne rien arranger à la complexité de l’affaire, Fatou Diallo aurait tenté d’étouffer le scandale en proposant la somme de 600 000 francs CFA à la victime pour qu’elle retire sa plainte.

Comparution immédiate devant le tribunal des flagrants délits

Face à la gravité des faits et aux éléments matériels rassemblés, le parquet a tranché. L’ensemble des protagonistes a été écroué sous mandat de dépôt et doit comparaître mercredi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar.

Les chefs d’inculpation retenus sont distincts : Nogaye Thiam, Aïssatou Goudiaby et Sidi Mouhamed sont poursuivis pour usage de drogue. Abou Daffé répondra des griefs d’offre et cession de drogue. Enfin, Fatou Diallo fait face à une double inculpation particulièrement lourde pour usage de drogue et vol.

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