L’enquête visant les auteurs d’insultes et de menaces de mort contre le directeur de la rédaction de la RFM connaît une avancée décisive. Deux suspects ont été interpellés et placés en garde à vue par la Brigade de recherches de Keur Massar, et d’autres coups de filet ne sont pas exclus dans les heures à venir dans cette affaire qui secoue le monde des médias.
Une controverse née au lendemain du Gamou de Tivaouane
L’origine de cette crise remonte à l’émission « RFM Matin » du 27 août 2026. Le journaliste et présentateur Babacar Fall recevait sur son plateau Serigne Abdou Sy Al Maktoum, fils de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum. Cet entretien visait à revenir sur la sortie très médiatisée de Serigne Moustapha Sy lors de la célébration du Gamou 2026 à Tivaouane.
Le guide moral des Moustarchidines avait en effet révélé avoir reçu le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, tout en précisant avoir refusé d’accorder une audience au Premier ministre Ousmane Sonko. Cette prise de parole à forte résonance politique s’est très vite imposée au cœur des débats nationaux.
Un raz-de-marée d’intimidations et une riposte judiciaire
À la suite de la retransmission de cette émission, Babacar Fall a été la cible d’un harcèlement ciblé d’une grande violence. Sur son statut WhatsApp, le responsable de la rédaction de la RFM a publiquement dénoncé ce déferlement de haine, indiquant avoir reçu
plus d’un millier de messages particulièrement hostiles, d’injures et de menaces de mort
via l’application de messagerie et par appels téléphoniques.
Devant la gravité des faits, la direction de la station de radio a porté l’affaire sur le terrain judiciaire. La plainte déposée par le conseil du journaliste a saisi la Brigade de recherches de Keur Massar, dont les investigations ont rapidement abouti à la localisation et à l’interpellation de deux individus, actuellement interrogés sous le régime de la garde à vue.
Contestation autour d’un droit de réponse
Le dossier comporte également un volet d’explications contradictoires. La Dahira Moustarchidina Wal Moustarchidaty (DMWM) a formellement sollicité un droit de réponse auprès de la rédaction. Estimant cette démarche injustifiée au vu des éléments diffusés, Babacar Fall y a opposé un refus, déclenchant en réaction une mise au point publique de l’organisation religieuse dans un communiqué.
Tandis que les deux premiers prévenus répondent des accusations d’injures et de menaces de mort, les forces de l’ordre poursuivent leurs recherches pour identifier et appréhender d’autres éventuels instigateurs de cette campagne de cyberharcèlement.



















