Une vague de spéculations entourant d’éventuelles perquisitions et une enquête pour espionnage ciblant Ousmane Sonko a enflammé la toile sénégalaise ces derniers jours. Après vérification, ces accusations s’avèrent totalement dénuées de fondement, les investigations de la police portant en réalité sur un dossier d’une tout autre nature.
Rumeurs d’espionnage : Un scénario purement imaginaire
Depuis plusieurs jours, les plateformes numériques s’emballent autour d’une prétendue procédure judiciaire visant le président de l’Assemblée nationale pour des faits d’espionnage. Des rumeurs persistantes évoquaient notamment des fouilles et perquisitions menées par les forces de l’ordre dans ses champs. Il n’en est absolument rien.
Aucune unité de police, y compris la Sûreté urbaine (SU) de Dakar, n’a ouvert le moindre dossier relatif à de l’espionnage, et aucune descente d’enquêteurs n’a été effectuée sur le terrain. Les informations circulant à ce sujet relèvent de la pure spéculation.
La véritable procédure : L’affaire des propos tenus à Mbacké
L’origine de cet emballement médiatique découle en réalité d’une confusion avec une procédure judiciaire bel et bien existante. Celle-ci fait suite aux déclarations faites par Ousmane Sonko à Mbacké, lors de l’inauguration du siège local du Pastef. Au cours de cette rencontre, le responsable politique aurait laissé entendre que des fonds d’origine suspecte circulaient dans la cité religieuse de Touba.
Heurtés par ces affirmations, des résidents de la ville sainte ont décidé de porter l’affaire devant la justice. Saisi de cette plainte, le procureur près le tribunal de grande instance de Dakar a immédiatement mandaté la Sûreté urbaine pour mener les investigations nécessaires.
Audition des plaignants et maintien des poursuites
C’est de manière exclusive dans ce cadre juridique strict que les enquêteurs ont travaillé. Dans le déroulement de leurs actes d’enquête, les éléments de la Sûreté urbaine ont notamment entendu Serigne Makhtar Bousso, porte-parole des plaignants.
Lors de sa déposition, ce dernier a confirmé que la plainte était pleinement maintenue, réitérant le souhait des plaignants de voir le président de la représentation nationale s’expliquer publiquement sur la teneur de ses déclarations.
La question clé de l’immunité parlementaire
Alors que l’enquête suit son cours sur les faits survenus à Mbacké, une équation juridique importante se pose. En sa qualité de président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko bénéficie d’une immunité parlementaire qu’il pourrait faire valoir sur le plan légal.
À ce jour, aucun élément n’indique qu’une convocation formelle lui ait été transmise par les enquêteurs, ni qu’il ait l’intention de se prévaloir de sa couverture parlementaire. Néanmoins, l’éventualité est sur toutes les lèvres dans l’entourage de cette affaire.



















