Pressenti pour occuper une fonction administrative discrète au sein de la haute administration, Déthié Diouf s’est brusquement retrouvé au cœur des projecteurs politiques. Récemment désigné président du Conseil d’administration du Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose en remplacement d’Ousmane Sané, ce leader politique originaire de Thiès a publiquement décliné cette décision du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, dénonçant une proposition perçue comme un manque de considération.
Une mise au point retentissante sur les ondes
La décision a été actée à l’issue du Conseil des ministres dans la nuit du 10 au 11 septembre 2026. Cependant, dès la matinée suivante, invité au micro de l’émission RFM Matin présentée par Babacar Fall, Déthié Diouf a tranché net en affirmant son refus catégorique d’occuper ce poste institutionnel.
« Je ne suis pas intéressé par ce poste, et je tiens à le dire clairement »
Estimant que le secteur culturel ne correspond ni à son profil ni à sa trajectoire, l’homme politique thiessois a résumé sa posture par une métaphore explicite en wolof : « Marr naan du ma taxa naan pôtiit ». Qualifiant cette affectation de véritable rétrogradation et d’« humiliation » tant sur le plan personnel pour l’ensemble de la région de Thiès, il a réaffirmé qu’il méritait un traitement à la hauteur de son engagement social et politique.
Un soutien déterminant pour l’avènement du pouvoir
Titulaire d’une Maîtrise en Géographie, Déthié Diouf jouit d’une forte ancrage dans sa localité. Ancien président de la formation politique VISA – Les Citoyens, aujourd’hui intégrée au sein de Kiiraay (la nouvelle structure présidentielle), il avait accompli un acte décisif lors du dernier scrutin présidentiel. En effet, c’est le récépissé de son parti qui avait été mis à la disposition de la coalition Diomaye Président pour permettre la validation de la candidature de l’actuel chef de l’État.
Outre cet apport stratégique, le dirigeant met en avant sa présence constante auprès des acteurs locaux à Thiès pour réfuter toute démarche opportuniste. Il précise que l’acceptation d’un tel mandat entraverait la proximité qu’il entretient quotidiennement avec les populations.
Un délai de réflexion de 48 heures sous haute pression
À la suite de sa sortie médiatique, l’homme politique indique avoir été sollicité par de nombreux responsables politiques ainsi que par des autorités religieuses et coutumières soucieuses de temporiser la crise. Face à ces interventions, Déthié Diouf a consenti à observer un délai de 48 heures avant de fixer définitivement sa position.
Cet épisode inédit pourrait déboucher sur une modification ultérieure du décret présidentiel. Il met en lumière les arbitrages complexes et les tensions sous-jacentes qui accompagnent la redistribution des responsabilités étatiques sous le magistère de Bassirou Diomaye Faye.









