Processus électoral : Pastef essuie un double refus du ministère de l’Intérieur et de la CENA

Coup de frein pour la formation politique d’Ousmane Sonko. Ayant saisi la Commission électorale nationale autonome (CENA) ainsi que le ministère de l’Intérieur pour enclencher officiellement le processus des élections territoriales, le parti Pastef s’est vu opposer une fin de non-recevoir par les deux institutions. Une décision conjointe qui suscite la vive indignation de l’opposition.

Désaccord juridique autour du Code électoral

Saisi le mercredi 26 août dernier, le ministère de l’Intérieur a rejeté la requête en s’appuyant sur les articles L. 236 et L. 269 du Code électoral. L’autorité ministérielle soutient qu’aucun délai légal ne lui est imposé pour fixer la date du scrutin par décret. D’après le communiqué de Pastef, cette argumentation constitue une tentative de masquer la carence de l’exécutif à travers une interprétation erronée des textes.

Le parti rétorque que la promulgation du décret fixant le jour du vote demeure un préalable indispensable. En effet, la décision définissant le montant de la caution financière est strictement encadrée par un délai impératif de cent cinquante (150) jours avant la tenue des élections.

La CENA également prise à partie

L’organe de contrôle des élections essuie lui aussi les critiques de la formation opposante. Pour motiver son refus, la CENA a estimé que son rôle de supervision se limite exclusivement à la période allant de la révision des listes électorales jusqu’à la proclamation provisoire des résultats.

Une posture jugée « insoutenable » par Pastef, qui accuse l’institution de restreindre abusivement son champ d’action et ses prérogatives de contrôle.

Exigence d’une prise de parole du chef de l’État

Face à ce qu’ils qualifient de « report illégal » des élections territoriales, Ousmane Sonko et ses camarades réclament des explications au plus haut sommet du pouvoir. Le parti exige formellement du chef de l’État qu’il s’adresse à la nation afin de justifier cette situation.

« Le parti déplore que, plus de deux ans après un précédent report ayant coûté des vies humaines, le chef de l’État renoue avec les mêmes pratiques, pour des motifs purement politiciens. »

L’opposition entend ainsi dénoncer la répétition de manœuvres politiques au détriment de la régularité du calendrier républicain.

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