Le Conseil des ministres du 10 septembre a été le théâtre d’une restructuration administrative d’envergure. En procédant à 87 nominations stratégiques, le président Bassirou Diomaye Faye n’a pas seulement réorganisé la haute administration : il a envoyé un signal politique clair en récompensant ses récents alliés et en dessinant les nouveaux contours de sa majorité.
Des édiles locaux et de nouveaux alliés récompensés
Derrière ce vaste renouvellement se profile une redistribution calculée du pouvoir. Le chef de l’État s’est en effet séparé de 87 directeurs généraux et présidents de conseil d’administration (PCA) issus de son ancienne formation ou affichant leur proximité avec Ousmane Sonko. À l’inverse, la prime est allée aux élus ayant rejoint le président Faye dans la constitution de son parti, PASTEF/Kiiraay.
Parmi les faits marquants, Modou Bara Gaye, maire de Yeumbeul Sud, prend la direction générale de Dakar Dem Dikk, tandis que Jean Baptiste Diouf, maire de Grand Dakar, prend la tête du conseil d’administration de la SENELEC. Plusieurs autres figures locales accèdent également à des responsabilités de premier plan, notamment Pape Momar Ngom, Assane Kassé, Cheikh Issa Sall, Galo Ka, Yaya Abdoul Kane, Oumar Baba Bâ et Amadou Diallo.
Ouverture politique et promus de la dernière heure
La nouvelle cartographie administrative fait également la part belle aux ralliements récents. Arrivé en juillet dernier, Babacar Abba Mbaye hérite de la direction de la Sonaged. De son côté, Sokhna Maï Djamil Mbacké, particulièrement active sur les réseaux sociaux face aux attaques de l’opposition, a été promue au Fonds national de crédit pour les femmes. Ces nominations illustrent la volonté présidentielle de fidéliser ces nouvelles recrues en vue des futures échéances politiques.
Grincements de dents chez les pionniers et poids de l’entourage
Toutefois, ce remaniement suscite des tiraillements au sein des troupes de la première heure, où certains s’estiment lésés. L’attitude de Déthié Diouf, qui a publiquement boudé son poste de PCA du Grand Théâtre, témoigne des frustrations montantes face au déplacement du centre de gravité du pouvoir vers de nouvelles alliances.
« Ces arbitrages reflètent la recherche d’un nouvel équilibre interne, où la fidélisation des alliés devient un levier central de la gouvernance. »
Enfin, cette séquence met en lumière l’ascendant grandissant de personnalités incontournables du premier cercle présidentiel, à l’image d’Abdourahmane Diouf et d’Aminata Touré. La promotion de plusieurs membres de leurs réseaux respectifs confirme l’influence déterminante de l’entourage proche dans le choix des nouveaux cadres de l’État.









